• 1976 - 1980 : Les premières années

    1976 - 1977 : Les débuts de Feedback


    Peu après la rentrée des classes de 1976, Larry Mullen, alors âgé de quatorze ans vient de se faire renvoyer de la fanfare d'Artane à cause de la longueur de ses cheveux. Encouragé par ses professeurs, il punaise une petite annonce sur le tableau des élèves de son lycée, la Dublin's Mount Temple School, pour former un groupe de rock.

    Puisque personne ne semble intéressé par l'annonce, il décide d'aborder Adam Clayton qui se prétend bassiste virtuose (Larry Mullen découvrira bientôt qu'il n'en est rien). Ce cancre notoire qui sèche régulièrement les cours se voit régulièrement convoqué dans le bureau du proviseur de la Mount Temple School à cause de ses tenues excentriques et de lunettes de soleil qu'il ne quitte jamais.

    Bientôt, les deux compères voient débarquer les frères Evans (David et Dick) - deux guitaristes d'un genre assez inhabituel (Dick joue sur une guitare jaune qu'il a fabriquée lui-même).

    Paul Hewson, un autre élève de cette école, fait également partie du Lypton Village, une petite troupe d'artistes de rue amateurs qui l'ont surnommé « Bono Vox » en référence à une boutique de matériel pour sourds et malentendants. Adam Clayton, impressionné par la personnalité de l'adolescent, persuade Larry de le recruter. Paul Hewson, qui n'hésitera pas à se présenter comme guitariste alors qu'il n'a jamais joué d'un instrument de musique trouvera néanmoins sa place au sein de la formation comme chanteur puis parolier.

    Ne disposant d'aucun local de répétitions, le Larry Mullen's Band s'installe dans la cuisine des parents de Larry.

    Après un an de tâtonnements et de répétitions, le groupe qui s'est ironiquement rebaptisé Feedback à cause du sifflement produit par leur amplificateur, se produit pour la toute première fois dans le réfectoire de la Mount Temple School en automne 1977, à l'occasion d'un concours organisé par le lycée. C'est sans Dick Evans qui n'est plus étudiant, que les adolescents interprètent maladroitement un medley de morceaux des Beach Boys puis une reprise de Show Me the Way de Peter Frampton. Même s'ils ne remportent pas le premier prix ils emportent néanmoins l'adhésion du public et jouent Bye Bye Baby des Bay City Rollers en rappel.

    http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/6/6a/Bonavoxshop.JPG/330px-Bonavoxshop.JPGLa boutique Bonavox qui a valu à Paul Hewson le sobriquet de « Bono Vox », plus tard contracté en « Bono ».

    Forts de ce succès, les Feedback gagnent en assurance et décident de se rebaptiser The Hype (battage médiatique) pour donner au groupe une image moins nihiliste et plus positive.

    À compter de ce jour, Paul Hewson s'approprie le pseudonyme de « Bono Vox » (qui sera peu à peu contracté en « Bono ») et présente son ami Dave Evans sous le sobriquet de « The Edge » (le tranchant, l'aiguisé).

     

     

     

     

     

    Premiers pas de U2 sur la scène dublinoise 


    En tout début d'année 1978 The Hype fait sa première apparition sur les écrans lors de l'émission « Our times » programmée par la RTÉ (l'enregistrement a été perdu).

    Début mars, Adam Clayton - qui a finalement été renvoyé du lycée pour son manque d'assiduité et son attitude provocante - assume temporairement le rôle de manager du groupe ; il passe le plus clair de son temps à téléphoner aux pubs dublinois pour obtenir des dates de concerts qu'il promeut par le biais de petites annonces passées dans le magazine New Musical Express.

    Dans la même période, Steve Averill, designer de publicités, ami des musiciens et accessoirement chanteur d'un groupe punk rock local, les Radiators From Space, leur suggère d'adopter « U2 » en référence à l'avion espion américain qui a été abattu en Union soviétique quelques jours avant la naissance de Bono. Ce nom, outre le fait qu'il est facilement mémorisable, présente l'avantage d'être ambigu dans la mesure où il est également synonyme des locutions « You too » (vous aussi) et « You two » (vous deux). Si Adam Clayton est enthousiasmé par ce changement, il n'en va pas de même pour les autres membres du groupe et en particulier de Bono qui le trouve « merdique ». Finalement, un compromis est trouvé : pour le concert à venir, leur set sera scindé en deux : une première partie sous le nom de The Hype et une seconde sous le nom de U2.

    Le 17 mars, Larry Mullen insiste pour participer à un nouveau concours sponsorisé par Harp Lager, Evening Press et CBS. C'est sous le nom de U2 qu'ils ont définitivement adopté que les cinq compères se présentent au Limerick Civic Week Pop '78 competition. Ils sont en concurrence avec trente six groupes amateurs, souvent plus expérimentés qu'eux mais ils décrochent le premier prix, soit la somme de 500 livres irlandaises et une séance d'enregistrement gratuite aux Keystone Studios de Dublin sous la direction de Jackie Hayden. Peu après, Dik (Dick Evans) qui naviguait entre deux groupes depuis plusieurs mois désapprouve les orientations artistiques de U2. Il décide donc de rejoindre définitivement les Virgin Prunes de Gavin Friday et Guggi, très influencés par le mouvement new wave émergent.

     

    La rencontre déterminante avec Paul McGuinness


    L'acharnement d'Adam Clayton finit par payer : il fait la connaissance d'un certain Bill Graham, rédacteur au sein du magazine Hot Press qui persuade les membres de U2 de choisir un agent ; il ira même jusqu'à convaincre un homme d'affaire de sa connaissance d'évaluer le potentiel du groupe. Le 25 mai 1978, Paul McGuinness se rend donc au Project Art Center de Dublin où U2 partage l'affiche avec les Virgin Prunes7.

    Le groupe de l'époque est très éloigné de celui qu'on connaît : la section rythmique laisse nettement à désirer ; The Edge, qui n'utilise pas encore de pédale d'effet est incapable de jouer des chorus complexes.

    http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/9/95/Gogarty.JPG/330px-Gogarty.JPGLes quatre musiciens dégagent néanmoins une énergie et une conviction telles que Paul McGuinness, impressionné par la prestation des quatre jeunes hommes, les invite à boire un verre dans le pub le plus proche afin d'évaluer leur motivation. Il accepte finalement le poste de manager mais impose des conditions drastiques : durant toute la durée du partenariat, le groupe lui reversera 20% des gains ; en échange, il garantit un revenu minimum de 25 Livres Irlandaises - environ 30 € - par semaine pour chacun des membres du groupe à condition que, dans un premier temps, tous leurs gains soient réinvestis dans du matériel de tournée.

    Depuis cet instant, l'association de U2 et Paul McGuinness n'a jamais été remise en cause, à tel point qu'ils le considèrent aujourd'hui comme le cinquième membre du groupe.

    Tout au long de l'été les musiciens reprennent les répétitions pour se concentrer sur la qualité de leur jeu (Paul McGuinness tient à ce que le groupe enregistre une démo dès que possible). Travaillant sans relâche, le quartette assure néanmoins quelques concerts, et notamment la première partie des Stranglers le 9 septembre 1978 au Top Hat Ballroom de Dublin devant un public de 2 500 personnes. Le groupe n'ayant pas pu régler la balance et ne disposant pas de loges pour se préparer, le concert se déroule dans des conditions difficiles. Bono, déçu par l'attitude des Stranglers pénètre par effraction dans leur loges et dérobe une bouteille de vin.

    En décembre 1978, U2 entre finalement aux Keystones Studios de Dublin. Épaulés par Barry Devlin, ex-bassiste des Horslips, les musiciens enregistrent trois morceaux aux accents punk : The Fool, Street Mission et Shadows and Tall Trees. Paul McGuinness part démarcher les maisons de disques londoniennes avec les enregistrements sous le bras mais se heurte à des refus polis :

    Cher Monsieur Hewson - Merci d'avoir soumis votre cassette de 'U2' à RSO, nous l'avons écoutée avec la plus grande considération, mais nous avons le sentiment qu'elle ne nous correspond pas pour le moment. Nous vous souhaitons bonne chance pour votre future carrière - Cordialement, Alexander Sainclair.

    Peu après, la mère de Larry Mullen est tuée dans un accident de la route. Loin d'ébranler la solidité du groupe, ce deuil resserre les liens entre les quatre jeune gens ; en particulier Larry, Bono et The Edge qui intègrent Shalom, un groupe de discussions catholique où l'on se réunit pour débattre de la Bible, prier et chanter.

     

    U2 - Three 


          Les U2 commencent malgré tout à devenir un groupe incontournable de la scène irlandaise. Pour élargir leur auditoire au public adolescent qui n'est pas admis dans les pubs, ils n'hésitent pas à se produire sur le parking d'un supermarché (le Dandelion Market de Dublin) ; ils reçoivent en outre le soutien inconditionnel du magazine Hot Press en la personne de leur ami Bill Graham.

    Fort de cette notoriété grandissante, Paul McGuinness convainc la filiale irlandaise du label CBS d'éditer un disque 45 tours. En août 1979, U2 entre au Windmill Lane Studio pour l'enregistrement d'une version démo de trois morceaux de leur composition : Out of Control, Stories for Boys et Boy-Girl - tous produits par l'ex-journaliste Chas de Whalley. Les trois morceaux sortiront finalement sous la forme d'un Extended play.

    McGuinness veut créer l'événement : au cours d'une émission présenté par Dave Fanning, diffusée sur la RTÉ, le groupe présente les trois titres aux auditeurs qui voteront ensuite pour choisir le single qui figurera en face A. Leur choix se porte sur Out of Control.

    Three sort donc en septembre 1979, en tirage limité à mille exemplaires - uniquement destinés au marché irlandais - tous numérotés à la main par le directeur de CBS Irlande : Jackie Hayden lui-même (Le disque est devenu un tel objet de culte pour les fans de U2 qu'un exemplaire est aujourd'hui estimé à près de deux mille euros).

    Pourtant, la partie est loin d'être gagnée : le 21 août 1979, deux responsables du label EMI sont invités à écouter le groupe lors d'un concert au Baggott Inn. Au beau milieu du spectacle ils regagnent leur chambre d'hôtel pour regarder le passage des Specials à la télévision.

    Les membres de U2 décident alors de tenter le tout pour le tout : ils raclent les fonds de tiroir, empruntent de l'argent à leur famille et leurs amis et embarquent finalement pour Londres à la fin du mois de novembre 1979.

    Là bas, les échecs se multiplient : le groupe assure tout de même la première partie d'Orchestral Manoeuvres in the Dark et des Talking Heads mais la plupart du temps, il joue devant un public clairsemé. L'expérience tourne au fiasco et, à peine trois semaine après leur départ, les membres de U2 sont de retour en Irlande sans contrat en poche.

     

    La signature avec Island Records


    Dès le mois de janvier 1980, la fortune semble sourire au groupe : le 15, U2 est invité à interpréter Stories for Boys au cours de l'émission The Late Late Show diffusée sur la chaîne RTÉ ; au terme d'un sondage effectué par le magazine Hot Press auprès de ses lecteurs, U2 remporte la première place dans cinq catégories devant Thin Lizzy et les Boomtown Rats. C'est aussi à cette époque que CBS sort le 45 tours Another Day.

     

    Paul McGuinness veut profiter de cette notoriété naissante et organise une mini-tournée en Irlande qui connaît un grand succès, même si le groupe doit à chaque fois conquérir un public turbulent.

    La tournée doit s'achever le 26 février 1980 au National Boxing Stadium de Dublin en présence de Bill Stewart d'Island Records. U2, qui ne veut pas rater cette dernière chance de signer un contrat, invite tout son entourage : famille, amis, le Lypton Village sans oublier les employés de Hot Press. Le soir, le groupe joue devant une salle comble. Dès la fin du concert, Bill Stewart rencontre le groupe qui signera un contrat international pour quatre albums en quatre ans avec la maison de disques qui s'engage par ailleurs à financer leurs tournées à venir.

    En avril, ils retournent au Windmill Lane Studio pour enregistrer leur troisième single, 11 O'Clock Tick Tock (face A) et Touch (face B). Pour rompre avec leur image de groupe punk, ils engagent le producteur Martin Hannett, connu pour son travail avec Joy Division. Le résultat, aux accents post-punk très marqués, est tout à fait inédit dans leur production habituelle même si, pour la première fois, The Edge utilise une boîte d'écho que Bono vient de lui offrir et qui deviendra sa signature pour les albums à venir.

    Malgré la tournée en Angleterre qui suit, le disque ne rencontre pas son public et n'intègre pas le classement des soixante-quinze meilleures ventes du Royaume-Uni.

     

          "Source Wikipedia"


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