• Hôtels de stars: The Clarence de Bono

    Hôtels de stars: The Clarence de BonoPourquoi Bono et The Edge ache­tèrent-ils en 1992, à Dublin, The Clarence, hôtel vieillis­sant? Tout d'abord pour répondre à des besoins très natu­rels ! Réali­sa­tion: Anne-Marie Catte­lain-Le Dû, Photos Cyril Le Tour­neur d’Ison

    C’est auProject Arts Centre de Dublin, comme de nombreux groupes des années quatre-vingt, que U2 donne ses premiers concerts. Un lieu alter­na­tif, au cœur de Temple Bar, zone alors quasi en friche, sur la rive sud de la Liffey. Spar­tiate, la salle de concert ne dispose, à cette époque, ni de bar, ni de toilettes. Qu’à cela ne tienne, The Clarence, deux étoiles pâlis­sant, juste en face, offre l’un et l’autre. Contraint et forcé, le direc­teur accueille pendant l’en­tracte et à la fin des repré­sen­ta­tions, la « faune » du Project, machino, musi­ciens, fans.

    Deve­nus stars plané­taires, Bono et The Edge fréquentent toujours le Project pour décou­vrir les gloires de demain. Un jour, appre­nant que The Clarence est à vendre, ils s’en portent acqué­reurs. Ensemble ! Trop de souve­nirs, de soirées, de musique, les lient à cette façade de briques clas­sée. Bono, le petit gars des quar­tiers nord de Dublin dont le père était un « Dub », un dur, s’at­tache viscé­ra­le­ment au Clarence qu’il trans­forme en quatre étoiles contem­po­rain. Les travaux termi­nés, en 1996, il impro­vise sur l’un des toits terrasses un concert.

    Les passants en contre­bas ne comprennent pas d’où jaillissent ces airs et ces voix qu’ils adorent. Un gag au cœur de Temple Bar, qui, grâce à U2, s’est méta­mor­phosé en quar­tier bran­ché, mélange de Saint-Germain-des-Prés et d’Ober­kampf. Fief de Bono et de sa bande. Combien de photos iconiques du groupe ont été shoo­tées sur Ha’penny Bridge, dont l’élé­gante struc­ture métal­lique s’élève à deux pas du Clarence ? Combien d’images ont été prises sous Market Arch, débou­chant sur la rue qui flirte avec l’hô­tel ? Ici, U2 est en terri­toire conquis. Et Bono a fait du Clarence son repère. Il aime y fêter, le 10 mai, son anni­ver­saire, priva­ti­sant le penthouse. Dès qu’il est en Irlande, il habite non loin de Dublin, à Dalkey sur la côte, il débarque avec les siens pour dîner et savou­rer le vin produit dans son domaine, Château La Coste en Provence. Une bouteille de La Cuvée Lisa, garnit d’ailleurs les mini­bars des chambres.

    Aux murs, aucune photo de Bono et des autres mais des toiles origi­nales de Guggi, son ami d’en­fance, ex des Virgin Prunes. Désor­mais peintre coté, ses œuvres s’af­fichent dans les gale­ries du monde entier. "Curieu­se­ment, raconte Bono, les deux copains avec lesquels j’ai grandi dans ma rue sont deve­nus artistes : Guggi, peintre, Gavin, musi­cien. Nous sommes comme les doigts de la main. Une famille." Bono est un fidèle, un senti­men­tal. Pour preuve encore, qui dirige The Clarence ? Michael O’Con­nor, un colosse, débor­dant de gentillesse, long­temps garde du corps, inten­dant, régis­seur du groupe, cloué au lit pendant de longs mois après un acci­dent. Bono lui a confié les rênes de son quatre étoiles, où il a toujours souhaité « que l’ou­vrier comme la rock star s’y sentent at home, trinquant au coude à coude à l’Oc­to­gon, le bar. » Pari réussi, car si Clin­ton adore louer le Penthouse comme le faisait Steve Jobs, le patron disparu d'Apple, les fans, de toutes origines et de tous âges, composent 50% de la clien­tèle, appré­ciant la convi­via­lité du Clarence. Tatoués au look bikkers, filles de cuir vêtues, jeunes Anglaises et Améri­caines, que le moindre photo­graphe affolent et qui lèvent spon­ta­né­ment leur jupe pour esquis­ser quelques pas de danse en criant… Très rock’n’­roll ! Très U2.

     

    Publié le 15/08/2014 par Gala.fr


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