• La voix de Bono

    La voix de BonoSes admirateurs l’encensent quand il chante. Ses détracteurs l’attaquent quand il parle.

    Quand la voix de Bono porte au-delà des stades où il se produit habituellement avec les trois autres membres de U2, c’est au nom «des plus pauvres de la planète» que dit parler Bono. Sauf que sa voix est tellement forte, notent ses détracteurs, qu’elle réduit toutes les autres au silence.

    C’est du moins ce que note l’auteur et journaliste britannique George Monbiot dans une chronique parue hier dans le quotidien The Guardian.

    Depuis plusieurs années, Bono s’implique dans la lutte à la pauvreté en Afrique à travers son organisme caritatif ONE. Pendant que le sommet du G8 battait son plein en Irlande du Nord, Bono en a profité pour serrer les mains des prestigieux invités (mardi, il emmenait d’ailleurs la Première Dame Michelle Obama luncher au pub) et attirer l’attention sur sa cause.

    Les détracteurs en veulent particulièrement à Bono d’avoir approuvé la «Nouvelle Alliance pour la sécurité alimentaire et la nutrition», une initiative lancée l’an dernier par les États-Unis lors de la rencontre du G8 et qui prétend lutter contre l’insécurité alimentaire en Afrique. Six pays africains se sont joints à cette alliance en offrant notamment un accès aux terres agricoles à des investisseurs privés (dont les géants Monsanto, Cargill, Dupont, Nestlé…) en échange d’aide financière des partenaires du G8.

    George Monbiot dit avoir parlé avec beaucoup de militants anti-pauvreté furieux de la position de Bono et de ONE. L’auteur a signé quelques chroniques virulentes à ce sujet ces derniers jours. ONE, de son côté, a publiquement accusé Monbiot d’être mal informé et a rappelé que ses initiatives sont appuyées par le Programme alimentaire mondial et l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture.

    La sortie du chroniqueur contre Bono s’ajoute à l’essai publié ce mois-ci en Grande-Bretagne par l’Irlandais Harry Brown (The Frontman: Bono (in the Name of Power)), qui égratigne l’image du chanteur charitable. Selon l’auteur, Bono ne fait «qu’amplifier le discours des élites, promouvoir des solutions inefficaces, traiter les pauvres avec condescendance, et embrasser le derrière des riches et puissants»… Ouf.

    Bono prétend «représenter les plus pauvres et les plus vulnérables», écrit Monbiot. Mais «comme Bono est perçu par les leaders mondiaux comme le représentant des pauvres, les pauvres ne sont pas invités à s’exprimer. Ça convient à tout le monde – sauf pour eux.»

     


    Publié par Judith Lachapelle le 18/06/2013  pour Lapresse.ca

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