• Le Noël de Bono

    http://i43.servimg.com/u/f43/12/83/95/61/34875810.gifBono, l’âme de U2, a raconté sa vie dans le livre Bono par Bono. Dans les chapitres V et XI, ce grand du rock raconte sa foi. Il nous parle d’un certain Noël à la cathédrale Saint-Patrick de Dublin, au retour d’une tournée mondiale.

    “L’office était un peu ennuyeux et j’ai commencé à piquer du nez… Je ne voyais rien [Il était derrière un pilier]. Alors j’ai essayé de lire et de rester éveillé en étudiant ce qu’il y avait sur la page. Et ça n’avait jamais germé dans mon esprit, mais là, ça s’est vraiment ancré en moi : l’histoire de Noël. L’idée que Dieu, s’il existe une telle force d’amour et de logique dans l’Univers, cherche à se rendre explicite est assez extraordinaire. Qu’une telle idée cherche à se concrétiser et à se décrire en prenant l’aspect d’un enfant dans la misère, dans la paille et la crotte… Un enfant ! Je me suis dit : C’est dingue ! Cette poésie… L’amour et la puissance insondables qui se révèlent sous la forme de la créature la plus vulnérable au monde… C’était là… Ça m’avait déjà frappé dans le passé, mais ce soir-là, j’ai senti des larmes couler sur mes joues et j’ai vu le génie de la chose, ce génie absolu consistant à choisir un point particulier dans le temps et à l’éclairer”.

    Bono n’est pas une exception dans ce monde-là. Bruce Springteen chante au Coliseum de Los Angeles Jesus Was an Only Son ; Mick Jagger God Gave Me Everything I Want. Plus près de nous, Xabier Lete était lecteur de l’église d’Usurbil, Lurdes Iriondo, sa femme, y dirigeait le chœur, etc. Le jeune académicien basque Andolin Eguzkiza étudiait la théologie…

    Ce qui me touche plus précisément chez Bono, c’est qu’il a continué à vivre Noël, après Noël. Il ne se cantonne pas dans la littérature. Noël s’incarne dans ce monde, dans la vie, bien concrètement. Le spectacle de cette pauvreté de Noël ne reste pas pour lui au plan de la poésie ou d’un événement de l’Antiquité. Il l’actualise. Il dit dans le même livre :

    “Ce qui se passe en Afrique défie toutes les valeurs auxquelles on prétend croire. Notre idée du prochain, de la civilisation, de l’égalité, de l’amour… On peut leur dire au revoir ! Ce que l’Afrique a à dire à l’Europe et à l’Amérique est sans appel. L’Afrique nous apprend que nous avons bâti nos Parlements et nos gouvernements sur du sable : si nous croyions vraiment à ces valeurs, nous ne laisserions pas 23 millions d’Africains mourir du Sida. Nous ne pouvons pas tirer profit de la mondialisation sans en assurer les responsabilités.”

    Ses responsabilités, Bono les assume. Il gagne beaucoup, mais il donne beaucoup. Il a créé une ligne de vêtements dont le principe est “On peut tirer du profit sans escroquer les gens, consommateur ou fabricant… Je ne veux pas acheter à mes enfants des vêtements fabriqués par d’autres enfants”. C’est un militant du commerce équitable et de l’annulation de la dette du tiers-monde. Et donc, de la lutte contre le Sida. Tout cela lui a valu d’être déclaré “personnalité du monde” en 2005 par le magazine Time et nommé pour le prix Nobel de la paix en 2003, 2005 et 2006.

    Une autre phrase montrant qu’il ne vit pas dans un cocon d’artistes : “Pour le prix consacré à la guerre d’Irak, on aurait pu complètement changer le monde”.

    Et pour terminer, ajoutons qu’il a donné pour la lutte contre le Sida en Afrique les revenus entiers d’un disque. Et un CD de U2/Bono rapporte plus que deux sous.

    Ecrit par Xipri Arbelbide  pour le Journal du pays Basque


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